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Revue de presse : Marchés et production agroalimentaires

Monde

L’agriculture biologique prend encore du galon

L’agriculture biologique mondiale progresse à petits pas à nouveau en 2019 avec une hausse de 1,6% des superficies mondiales – soit 1,1 million d’hectares (ha) supplémentaires – à 72,3 millions ha (y compris les terres en reconversion) avec l’Océanie en tête, en fait l’Australie (près de 50%) puis l’Europe (23%) et l’Amérique latine (11%) (Commodafrica, 3 mars). Mais au regard de la superficie agricole mondiale, le résultat est encore modeste (1,5%). Les pays qui ont le plus progressé en 2019 sont l’Inde, les Etats-Unis, et la France au coude à coude avec la Bolivie. Les ventes se situeraient sensiblement au même niveau qu’en 2018 à €106 milliards, soit presque le même montant que le marché mondial du chocolat. Toutefois certains pays affichent des taux de croissance à deux chiffres, comme la France (+13,4%). Globalement, les Etats-Unis sont le premier marché (€44,7 millions), puis l’Allemagne (€12 millions) et la France (€11,3 millions).

Le monde de l’agriculture biologique : lancement de l’édition 2021.

Le marché mondial des aliments biologiques a atteint 106 milliards d’euros en 2019. Les États-Unis sont le premier marché (44,7 milliards d’euros), suivis par l’Allemagne (12,0 milliards d’euros) et la France (11,3 milliards d’euros) (IFOAM News, 17 février). En 2019, 3,1 millions de producteurs biologiques ont été déclarés. L’Inde reste le pays qui compte le plus grand nombre de producteurs (1 366 000), suivi de l’Ouganda (210 000) et de l’Éthiopie (204 000).

Vue d’ensemble : le marché mondial de la banane

Selon Fresh Plaza (26 février), le marché de la banane est stable dans de nombreux pays, sans pics ou baisses inattendus de la demande. L’offre est également stable. Il y a eu quelques retards dans le fret maritime ces dernières semaines, mais ces problèmes semblent avoir été résolus. Les prix des bananes se situent à un niveau normal mais, dans certains pays, ils affichent une légère tendance à la hausse. Au niveau de la production, la situation est normale, à l’exception de certaines régions qui ont dû faire face à des conditions climatiques extrêmes. Ces conditions n’ont pas d’impact majeur sur l’offre mondiale.

Afrique

10% des achats des Africains se font par le biais de la distribution moderne

Bien que la grande distribution moderne se soit développée ces dernières années en Afrique, avec des centres commerciaux qui ont doublé en 10 ans pour atteindre 579 (hors Afrique du Sud), ce canal de vente ne représente que 10% de la valeur totale des ventes au détail (Commodafrica, 25 février). Est-ce uniquement une question d’habitudes ou de pouvoir d’achat ? L’étude de Standard Bank Africa Cosumer Insights Report 2020 donne un éclairage sur le comportement du consommateur dans quatre pays en Afrique : l’Afrique du Sud, le Ghana, le Kenya et le Nigeria.

Moindres exportations de banane d’Afrique sur le marché européen en 2020

Les exportations de bananes du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et du Ghana vers le marché européen ont été moindres en 2020, en baisse de 3% par rapport à 2019, indique le spécialiste FruiTrop (Commodafrica, 3 mars). En revanche, le marché régional se développe et offre une alternative à l’Union européenne surtout en période de crise. Côte d’Ivoire se tourne de plus en plus les pays voisins – Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal – jusqu’à représenter 16% de ses volumes en 2019, soit un doublement en cinq ans. La Covid-19 explique en partie la baisse des exportations vers l’Europe, qui est de 3% pour la Côte d’Ivoire, de 4% pour le Cameroun et de 9% pour le Ghana.

Comment les entreprises de noix de cajou d’Afrique de l’Ouest ont surmonté la crise du COVID-19

La pandémie a mis en évidence la fragilité de la chaîne d’approvisionnement de plus en plus mondialisée du secteur de la noix de cajou : près de 90 % des noix de cajou brutes d’Afrique de l’Ouest sont exportées au Vietnam et en Inde, où elles sont transformées, conditionnées et vendues sur les marchés de l’UE et des États-Unis. Un article paru dans le numéro de Questions de développement de l’OCDE (4 mars) suggère que les gouvernements d’Afrique de l’Ouest ont un rôle vital à jouer dans la création d’un climat d’investissement solide dans leur pays afin d’attirer les investissements qui auront une incidence dans la chaîne de valeur.

Tanzanie, Burundi : Un nouveau projet ferroviaire pour relier les deux pays

La Tanzanie et le Burundi ont annoncé la construction d’une ligne de chemin de fer de 190 km reliant Isaka (Tanzanie) à Musongati (Burundi) (De l’autre côté de l’Afrique, 22 février). L’objectif est de désenclaver le Burundi et d’améliorer ses exportations minières via les ports tanzaniens. Une levée de fonds de 1,9 Md USD constitue la première étape du projet.

Kenya Flower Council: Reconnaissance de la norme de durabilité pour les fleurs et les plantes ornementales

La norme de durabilité pour les fleurs et les plantes ornementales du Kenya Flower Council (KFC) a été reconnue conforme aux critères de référence environnementaux de la FSI2025 et, en tant que telle, est l’une des premières normes à être incluse dans le champ d’application environnemental du panier de la Floriculture Sustainability Initiative (FSI, 25 février). D’autres programmes de floriculture sont en cours d’examen pour l’évaluation comparative et devraient être reconnus conformes prochainement. L’évaluation comparative est ouverte aux systèmes de floriculture qui souhaitent démontrer leurs bonnes pratiques environnementales et être reconnus et acceptés par la FSI et ses membres.

Kenya : Extension du programme d’assurance agricole

Dans le cadre du programme Kenya Climate Smart Agriculture Project, le gouvernement souhaite étendre son programme d’assurance agricole à quatre nouveaux Comtés, passant ainsi de 33 à 37 (De l’autre côté de l’Afrique, 1 mars). L’exécutif vient ainsi de lancer un appel d’offres, courant jusqu’à mi-mars, à destination des entreprises, afin de développer des produits d’assurance récolte qui seront distribués à un prix subventionné auprès des producteurs des quatre nouveaux comtés.

Kenya : Expérimentation à grande échelle pour le biocontrôle de la chenille légionnaire

L’ICIPE (Centre international de physiologie et d’écologie des insectes), dont le siège est basé à Nairobi, conduit, avec l’appui de partenaires kenyans, une importante campagne de libération d’insectes (Telenomus remus, Trichogramma chilonis, Cotesia icipe) pour parasiter les œufs ou les premiers stades larvaires de la chenille légionnaire d’automne (fall armyworm) (De l’autre côté de l’Afrique, 1 mars). Les résultats sont très encourageants avec des taux de parasitisme augmentés de 38 à 55%, mais nécessitent la limitation des usages de pesticides à large spectre à proximité des aires de libération.

Kenya : Le groupe InVivo acquiert la société de biocontrôle Dudutech

L’Union de coopératives françaises InVivo, via sa filiale Bioline AgroSciences, a annoncé l’acquisition de la société de biocontôle kenyane Dudutech, l’un des principaux producteurs de produits de bio-contrôle en Afrique (De l’autre côté de l’Afrique, 1 mars). Via ce rachat auprès du britannique Flamingo, l’un des leaders mondiaux de production et de vente de fleurs, l’entreprise française poursuit sa stratégie d’internationalisation et renforce sa position mondiale dans le domaine de la production et de la distribution de solutions de biocontrôle. Bioline Agrosciences devient ainsi la 2ème entreprise française de biocontrôle à disposer d’un site de production au Kenya, après le groupe Eléphant Vert et sa filiale Kenyabiologics.

Tanzanie : le soutien de l’UE incluera le renforcement des services SPS

Le 16 février à Dodoma, le secrétaire permanent du ministère des finances et du plan, Dotto James et l’ambassadeur de l’Union européenne en Tanzanie, Manfredo Fanti, ont signé un mémorandum d’entente pour une subvention totale de 111,5 M€ dont bénéficieront la Tanzanie continentale et Zanzibar (De l’autre côté de l’Afrique, 22 février). Parmi les projets, 9,8 M€ seront consacrés au développement de la chaine de valeur apicole, 9,8 M€ au renforcement des services phytosanitaires de santé des plantes et 29 M€ au développement des solutions de cuisson durable.

Tanzanie : Le COLEACP travaille avec TAHA pour créer un programme de formation en horticulture

Le COLEACP travaille en collaboration avec l’Association horticole de Tanzanie (TAHA), l’Institution africaine des sciences et technologies Nelson Mandela (NM-AIST) et le Centre mondial des légumes (WorldVeg) pour mettre en place un programme de formation accrédité offrant des cours certifiants et diplômants (De l’autre côté de l’Afrique, 22 février). Le programme vise les acteurs tanzaniens mais pourra s’ouvrir aux autres pays d’Afrique de l’Est et Australe.

Bénin : la zone économique spéciale de Glo-Djigbé lancée

La zone économique spéciale de Glo-Djigbé dédiée à la transformation des produits agricoles représentera à terme une superficie de 1 640 hectares (Commodafrica, 11 février). Elle sera développée en deux phases : d’abord 635 ha, dont 485 ha de zone industrielle, commerciale et de stockage, infrastructures et installations communes; puis 1.005 ha supplémentaires. Cette zone accueillera notamment les industries de transformation de la noix de cajou, de la filature, du tissage du coton, de la fabrication de vêtement et de l’agroalimentaire.

Le Burkina Faso relance le Projet d’aménagement hydro-agricole de Sono-Kouri

Le financement de plus de 20 millions USD du Fonds Saoudien de Développement du Projet d’aménagement hydro-agricole de Sono-Kouri a été accordé par le gouvernement à la mi-février 2021 (Commodafrica, 19 février). Il permettra de sécuriser 2000 hectares de terres irriguées et y développer l’élevage intensif, la pisciculture et la culture fruitière. Ce projet fait partie du Plan national de développement économique et social sur la période 2016–2020.

La Gambie lance un ambitieux projet de développement agricole

Début février 2021, le gouvernement a lancé le programme de Résilience des organisations pour une agriculture transformatrice des petits exploitants (ROOTS) ($ 80 millions) avec pour objectif d’améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition, les conditions de vie des petits agriculteurs, la résilience au changement climatique et l’accès au marché (Commodafrica, 12 février). Il est financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) et l’Agence française de développement (AFD) et se déroulera sur une période de six ans -à compter du 1er janvier 2021- dans les cinq régions administratives du pays pour accroître la productivité des filières du riz et des légumes.

Le Ghana au cœur de la desserte maritime entre l’Afrique et l’Amérique du Sud

Depuis le terminal 3 du Meridian Port Services (MPS) du port de Tema, les compagnies maritimes CMA CGM et MSC ont chacune lancé leur service entre l’Afrique et l’Amérique du Sud (Commodafrica, 23 février). CMA CGM propose un service « SAMWAF » (Amérique du Sud-Afrique de l’Ouest) : lien direct entre le Brésil, l’Amérique du Sud et l’Afrique de l’Ouest avec dans la boucle les ports de Durban, Cape Town et Luanda. Cela permet offre une plus grande ouverture au marché international tant pour les opérateurs ghanéens que pour ceux de la sous-région.

Guinée Bissau : soutien de FCFA 5 milliards de la BOAD

Un prêt de FCFA 5 milliards (€7622 millions) a été approuvé par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) en faveur du projet d’appui à l’intensification de la production vivrière (PAIPV) (Commodafrica, 25 février). Ce projet a pour objectif la mise en valeur du potentiel en terres non exploitées par un développement des cultures stratégiques.

Mali : 2 millions d’euros pour soutenir la filière mangue

La Société financière internationale (IFC) a accordé un prêt de € 2 millions au Centre d’étude et de développement industriel et agricole du Mali (CEDIAM) (Commodafrica, 19 février). L’objectif est de soutenir le développement de la société, de créer des emplois, de faciliter l’accès des producteurs aux marchés, et augmenter la production et les exportations de mangues, notamment les exportations de purée et de concentré de mangues vers l’Europe et d’autres marchés. Les agriculteurs travaillant avec la structure bénéficieront de formations pour améliorer leurs pratiques agricoles et accroitre leurs revenus.

Ethiopie : la première banque agricole

La création de la première banque agricole en Éthiopie a été approuvée (De l’autre côté de l’Afrique, 1 mars). La proposition, initialement formulée par l’Agricultural Transformation Agency, est aujourd’hui déclinée par le Ministère en charge de l’agriculture. Plus de 3000 agriculteurs et acteurs de la chaine de valeur agricole devraient en être actionnaires. L’accès aux financements, mais également aux devises étrangères, est clé pour le secteur agricole, notamment pour l’achat d’intrants. Cette première banque, spécialisée dans le secteur agricole, vise à lever ces freins.

Éthiopie : transformer les nuages en pluie

Pour stimuler les précipitations et sa production agricole, l’Ethiopie va expérimenter au cours des prochains mois les technologies mises au point aux Emirats Arabes Unis (De l’autre côté de l’Afrique, 1 mars). L’Ethiopie est bien souvent considérée comme le château d’Afrique de l’Est, ne recevant aucune eau au-delà de ses frontières, mais alimentant les fleuves et rivières des pays voisins. Néanmoins, la saisonnalité des pluies et les importantes périodes de sècheresse constituent un frein important au développement agricole de certaines régions.

Zimbabwe : accord d’exportation d’agrumes avec la Chine

Le Zimbabwe et la Chine pourrait très bientôt finaliser un accord d’exportation d’agrumes (Fresh Plaza, 15 février). Zimtrade (L’agence de développement et de promotion des exportations du Zimbabwe) négocie avec les autorités chinoises au nom du gouvernement. Cet accord devrait ouvrir un nouveau marché pour la filière qui avait jusqu’à présent pour seul débouché le marché européen.

Europe

Le marquage laser pour remplacer le plastique des fruits et légumes bio

Les étiquettes pourraient bientôt être remplacées par le Natural Branding qui consiste à tatouer la peau des fruits et légumes au laser (Jonathan Le Borgne, blog post, 4 février). Une innovation qui permettrait de réduire drastiquement les emballages plastiques. Cette technique consiste à retirer une fine couche de peau à l’aide d’un faisceau lumineux. Elle est sûre, n’altère pas le goût des produits ni leur durée de conservation. Ce procédé a été approuvé par les autorités européennes en 2013 et est déjà testé sur plusieurs produits au Pays-Bas, au UK et en Suède.

Auchan souhaite transformer ses hypermarchés en « marketplace »

Avec la perte de vitesse du modèle des hypermarchés, Auchan opte pour la transformation de son vaste parc de magasins en distributeurs de proximité (Fresh Plaza, 10 mars). Le groupe investit donc aujourd’hui massivement sur le drive et la livraison. Il cherche aussi à transformer ses hypermarchés en « marketplace » physiques, « en accueillant des producteurs, des agriculteurs directement dans nos magasins, avec des corners ». Il veut aussi que l’hypermarché soit une plateforme logistique capable de livrer les clients près de leur lieu de vie ou de travail, via des casiers ou des points de vente Auchan Piéton. Visionnez l’entrevue dans l’émission Good Morning Business sur BFMTV.

Carrefour Bio retire le plastique de ses emballages

Pour ses produits bio, Carrefour veut atteindre une part de 80% d’emballages recyclables, recyclés ou compostables (Emballages, 22 février). Carrefour a déjà remplacé le sachet de ses bananes bio par un ruban adhésif. Par ailleurs, une solution en carton ondulé a été adoptée pour remplacer les barquettes plastiques de certains fruits et légumes (tomates cerise, fraises, etc), représentant ainsi une économie de 15 tonnes par an.

France : Confiance dans les fruits et légumes frais en 2020

CSA Research a réalisé fin 2020 une enquête en ligne auprès des français pour évaluer l’évolution de leur confiance et de leurs inquiétudes envers les fruits et légumes frais consommés (FranceAgriMer). Le niveau de confiance se maintient toujours aussi haut par rapport à 2019 : 93 % pour les légumes et 92 % pour les fruits. La crise sanitaire n’a pas eu de conséquence sur ce niveau de confiance et les consommateurs renforcent leur confiance pour les fruits et légumes d’origine France. Les labels et logos rassurent toujours les Français et la confiance envers les agriculteurs poursuit sa progression. Enfin, même si les français ont privilégié les commerces et enseignes de proximité lors des périodes de confinement, la confiance envers la grande distribution est hausse.

Espagne : Séville transforme les restes d’oranges en électricité

Un projet pilote dans la ville espagnole de Séville utilisera le méthane provenant de la fermentation des fruits pour produire de l’énergie propre pour une usine d’eau de ville (The Guardian, 23 février). Le projet initial utilisera 35 tonnes d’oranges pour produire de l’énergie propre afin de faire fonctionner l’une des usines de purification de l’eau de la ville.



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