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Les secteurs de l’agroalimentaire et de la recherche sont essentiels pour faire face aux effets du changement climatique

Au cours des dernières décennies, l’agriculture s’est développée et a amélioré sa productivité pour assurer la sécurité alimentaire et sanitaire des aliments d’une population mondiale en constante augmentation, de manière non durable. Entraînant ainsi la destruction d’écosystèmes naturels, le déclin de la biodiversité et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.1 Le secteur agroalimentaire mondial (y compris la production alimentaire, la transformation, le conditionnement, le transport, etc.) est l’un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre2 et contribue donc fortement au changement climatique. Néanmoins, la promotion d’une agriculture et de systèmes alimentaires durables qui favorisent la santé environnementale, la rentabilité économique et l’équité sociale fait partie de la solution.

L’agriculture est en même temps l’un des secteurs les plus menacés par le changement climatique. L’Afrique3 et les petits États insulaires en développement (PEID) des Caraïbes4 et du Pacifique5 sont touchés de manière disproportionnée malgré leur part limitée dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans les communautés les plus vulnérables, les impacts du changement climatique constituent une menace directe pour la survie de la population. L’augmentation de la température, l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les inondations et les tempêtes violentes affectent la disponibilité des terres cultivées et arables, le rendement des cultures, la fertilité des sols, la disponibilité de l’eau et l’augmentation de la pression des parasites qui nuisent à la production agricole. La pêche et l’aquaculture, qui constituent la principale source de protéines animales pour un milliard de personnes dans le monde, sont menacées par la hausse des températures de la mer. Les tempêtes intenses et les ouragans provoquent une élévation du niveau de la mer et une érosion côtière menacent les infrastructures, implantations et installations qui assurent la subsistance des communautés insulaires. Les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont des ressources institutionnelles, économiques et financières limitées pour soutenir les actions d’adaptation et d’atténuation afin de faire face aux conséquences négatives du changement climatique défavorables sur l’agriculture.

Les efforts politiques visant à contraindre le secteur agricole à respecter les engagements mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre (par exemple, l’accord de Paris sur le changement climatique) ont été jusqu’à présent limités. En 1992, les Nations unies ont décidé de coordonner leurs actions pour empêcher que les niveaux (croissants) de gaz à effet de serre dans l’atmosphère dus à l’activité humaine n’affectent le système climatique en signant la Convention-cadre sur les changements climatiques (CCNUCC). Depuis 1995, les signataires de la CCNUCC se réunissent chaque année lors des conférences des parties à la CCNUCC (COP) afin d’évaluer le processus et de négocier de nouvelles mesures. L’Action commune de Koronivia pour l’agriculture (Koronivia Joint Work on Agriculture, KJWA), pourtant établie comme l’unique programme de la CCNUCC sur l’agriculture et la sécurité alimentaire lors de la COP23 en 2017, a eu une visibilité et un rayonnement limité. Pourtant, l’agriculture est l’un des pans de la solution à apporter au problème du changement climatique, même si elle est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.6 La COP27, accueillie par l’Égypte à Sharm El-Sheikh du 6 au 18 novembre 2022, débat de l’importance de l’agriculture et des systèmes alimentaires dans un contexte de « justice climatique », ainsi que de l’atténuation et de l’adaptation aux effets du changement climatique, notamment le 12 novembre qui a été déclaré Journée de l’adaptation et de l’agriculture. Les systèmes alimentaires doivent être abordés selon une approche holistique qui soutient une agriculture pour puisse nourrir une population croissante, ainsi que les dimensions sociales et environnementales. Notre avenir est entre les mains des agriculteurs.

L’agriculture reste un secteur vital pour la plupart des pays en développement en termes de développement économique, d’emploi et de commerce. Les opérateurs du secteur privé, les micro et moyennes entreprises (MPME) et les petits exploitants ont un rôle clé à jouer dans la promotion de la production durable, l’utilisation de cultures résistantes au climat, le soutien à la croissance verte et à l’économie circulaire. Ils ont également besoin d’un soutien spécifique pour initier, développer et augmenter leurs opérations, comme des incitations commerciales, des institutions solides et des politiques de soutien. Les pays ACP ont pour priorité de relever le défi du changement climatique et de l’environnement, de renforcer les services environnementaux, d’utiliser plus efficacement les ressources naturelles telles que la terre et l’eau, de promouvoir les sources d’énergie renouvelables, de développer les innovations et de saisir les opportunités de l’agenda vert pour créer de nouveaux emplois et de nouvelles sources de revenus pour les pauvres.

Le COLEACP soutient les producteurs, les entrepreneurs, les consultants, les techniciens et toutes les parties prenantes du système agricole et alimentaire afin d’améliorer la sécurité alimentaire et sanitaire des aliments, ainsi que la nutrition, l’utilisation efficace des ressources naturelles et l’atténuation du changement climatique en proposant un renforcement continu des capacités, une formation et une assistance technique. Le COLEACP promeut également la contribution des petits exploitants, des groupes et organisations d’agriculteurs et des petites et moyennes entreprises (PME) à la création d’un secteur agroalimentaire durable. En témoignent, les entrepreneurs africains et caribéens innovants et résilients qui partagent leurs meilleures pratiques et comment ils ont adapté leur modèle d’entreprise aux contraintes et aux défis découlant du changement climatique lors des Sessions Innovations et des Sessions sur les entreprises agroalimentaires caribéennes respectivement organisées avec l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA).

Le secteur privé et la recherche dans le domaine de l’agroalimentaire sont à la croisée des chemins entre la santé, la nutrition et le changement climatique. Il est essentiel de transformer nos systèmes agricoles et alimentaires pour relever les défis liés au changement climatique, notamment en adoptant des pratiques agroécologiques. La recherche et sa coopération avec le secteur privé contribuent significativement au développement de l’agriculture intelligente face au climat (Climate Smart Agriculture, CSA). Le COLEACP dirige le second groupe de travail du programme DeSIRA-LIFT financé par l’Union européenne, travaille en étroite collaboration avec les organismes de recherche africains pour le développement d’une innovation intelligente par la recherche en agriculture, contribuant ainsi à une agriculture et des systèmes alimentaires durables. Le groupe de travail 2 de DeSIRA-LIFT soutient FARA, AFAAS, ASARECA, CCARDESA et CORAF (collectivement connus sous le nom d’organisations PDDAA XP4 (en anglais, CAADP-XP4)) qui jouent un rôle clé dans les systèmes de connaissances et d’innovation agricoles en Afrique. Pendant la COP27, la Commission de l’Union africaine organise une table ronde ministérielle de haut niveau sur le Plan d’action pour la relance verte de l’Union africaine (UA) (African Union Green Recovery Action Plan, GRAP) 2021-2027 qui a été adopté par l’Assemblée de l’UA en février 2022, afin de discuter de son opérationnalisation et de son financement. DeSIRA LIFT soutient cet effort.

L’intensification durable est au cœur des programmes du COLEACP tels que FFM+, financé par l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP). FFM+ s’articule autour d’une charte de durabilité, d’un système d’auto-évaluation de la durabilité et d’un renforcement des capacités associé. L’objectif est d’améliorer la production et de contribuer positivement au climat, aux écosystèmes et à l’environnement productif, tout en minimisant les impacts négatifs en abordant les trois piliers de la durabilité pour contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD).

1 2020 Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Changement climatique et terres, résumé pour les décideurs politiques, A.1.3.
2 En 2019, les émissions mondiales des systèmes agroalimentaires correspondaient à 31 % des émissions anthropiques totales. Les processus de pré et post-production dominent de plus en plus les émissions de gaz à effet de serre des systèmes agroalimentaires(Francesco N. Tubiello et al., 2022).
3 Le changement climatique en Afrique, Groupe de la Banque africaine de développement, consulté le 08.11.2022.
4 Renforcer la résilience au changement climatique dans les petits États insulaires en développement, Banque interaméricaine de développement, consulté le 08.11.2022.
5 Les îles du Pacifique : La ligne de front dans la lutte contre le changement climatique, National Science Foundation, consulted on 10.11.2022.
6 Crippa, M., Solazzo, E., Guizzardi, D. et al. Les systèmes alimentaires sont responsables d’un tiers des émissions mondiales de GES d’origine anthropique. Nat Food 2, 198-209 (2021).



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